------------------ - Return to Zion - ------------------ 1. Prolégomènes --------------- Le "retour à sion" prends sa source chez un groupe d'amis, un peu avant la fin du 20ème siècle. L'entente qui règne entre ces personnes est d'une telle simplicité et d'une telle force au coeur du siècle de l'image et de l'individualisme qu'ils décident d'utiliser toutes leurs connaissances en sociologie, en psycho et en parapsychologie pour fonder ce qui n'est que la suite d'une voie tracée par les anciens, le retour vers bouddha, vers le tout et le plan de complémentarité de l'Homme. Les enseignements ne sont pas neufs, l'Histoire ne fait jamais que se répéter. Mais à chaque génération il faut inventer de nouveaux mots, de nouvelles voix pour accéder à l'infini. C'est une de ces voix qu'ils firent retentir début 2001, qu'ils défrichèrent et intégrèrent au coeur de tous leurs actes et leurs pensées. C'est à la foix une fin et un commencement. Pour eux ce fut la fin de la souffrance, la fin de la tristesse et l'accession à l'état de grace. Ce fut également le début de leur complémentarité. Le retour à la mer commune de la conscience et des coeurs rassemblés. C'est cette voie qui vous est comptée ici. C'en est une parmi une infinité, vous restez libre de choix. Pourtant de mémoire d'Homme aucune croyance n'a permis d'atteindre une connaissance si complète de l'humanité sommeillant en chacun de nous, de nos potentialités, de la lumière du coeur et de la force de l'énergie. Omedeto. 2. Le syndrome de l'ennemi -------------------------- "Les religions servent surtout à vous indiquer qui vous devez détester" [Woody Allen] Le premier des moteurs de l'humain exploité par des gens sans scrupules, c'est la Peur. Il ne faut pas sous-estimer la puissance de la peur. Peur du 11 septembre, peur de la couleur de peau du voisin, peur du sida, peur de la mort, peur de la Vie. Pourtant on a tous pris des coups, on a tous un ami noir, jaune ou blanc. Les générations continuent à créer la Vie, à sublimer la mort et à engendrer la beauté pour le temps qui leur est donné. Au début du 21ème siècle, la peur s'est insinuée au coeur de l'humain, animal capitaliste. Honte, peur du jugement de son prochain. Massacre, peur du terrorisme. Démagogie, peur de la perte du pouvoir. Mode, peur de la marginalité. Et les puissants de cette période ont eu tôt fait de comprendre comment en tirer les ficelles. On évite de rire aux éclats, on crie au haro sur l'Irak, on parle de respect des génération immigrées en criant sur son voisin juif ou musulman, on scande "nique la société" en Lacoste et en Tachini. Il existe une bonne et une mauvaise peur. La seule bonne peur est celle qui fait réagir le piéton pour éviter de se faire écraser par un camion. Toutes les autres réduisent à l'esclavage. Ce sont des peurs de groupe, des forces qui nous poussent à se reconnaitre dans un ennemi commun. Ces forces sont mauvaises parce qu'elles polarisent la réalité et que rien ici bas n'est tout blanc ou tout noir. Dans la bonne peur, on est seul. Seul face au camion, seul face à l'inconnu et cette boule au ventre ne mérite alors plus le nom de peur. C'est la rage de vivre. Il n'y a pas d'ennemi a l'extérieur. L' "ennemi" est un épouvantail qu'un autre, celui qui ne vie pas dans la peur, agite sous vos yeux pour vous ternir à l'esclavage. Il vous tient par votre propre polarisation de la réalité, en méritants et non méritants, en dangereux et non dangereux. C'est une vision confortable, simpliste, facile : on a tôt fait d'ériger une barrière et de se placer du bon coté. Il n'existe d'ennemi qu'à l'intérieur, c'est le sens du Jihad. Le coeur est capable d'accorder à l'autre l'innocence - innocent: du latin "qui ne nuit pas" - qu'il porte assurément en lui. 3. La force de la Koa --------------------- "Le coeur a ses raisons que la raison ignore" [] L'être humain possède un sens inné de l'intention de l'autre. Si un autre vous déteste bien qu'il ne vous l'ai pas dit, vous le sentez. Quand quelqu'un vous apprécie, vous le sentez. Ce sens prends racine dans la Koa - le Khi, la force intérieure -. Il est victorieux sur la peur, c'est une impulsion incontrolée et physiologique. De la même façon vous détestez certaines personnes, pour ce qu'elles ont fait. Le choix vous appartient alors : continuer à détester, c'est un enfermement, un repli sur soi qui permets au malheur de continuer à se répandre, ou tuer le mal en ramenant l'autre au bien-être. Tôt ou tard on découvre que la seule méthode qui permet de continuer à vivre est la seconde. Sinon les rancoeurs s'accumulent et la souffrance s'installe. La Koa a la force de détruire cette douleur, parce qu'au fond vous savez comment cet autre en est venu à agir de la sorte. Vous savez ce qui a manqué à sa réalité pour faire surgir le sens simple de l'amitié. En cela on est toujours plus fort quand on cherche l'amour chez l'autre, on est plus rapide, plus perspicace et implacable. Si vous ne pouvez pas le lui apporter, mettez-le face à sa propre souffrance, aucun être humain n'aspire à la destruction. Il devra alors choisir le bonheur ou mourir de ce mal-être qui le ronge, et au moins il s'emportera seul dans sa pulsion de mort. "Il y a du bon en ce monde monsieur Fraudon, et il faut se battre pour cela" [Tolkien] Ce qui est orienté vers la Vie et l'Amour entre les êtres se répands de soi-même, résonne dans toute votre vie et la perpétue. Vu du coeur, c'est une goutte d'eau qui tombe sur le tissu de la réalité en onde de bonheur. C'est là le chant de la Koa. L'attitude contraposée n'est d'aucun intéret parce qu'elle tends à la réduction de la soif de vivre, et que les morts ont toujours tort. Les vivants écrivent les livres d'Histoire. Cela ne signifie pas qu'il est possible d'aimer tout le monde béatement, mais qu'on a toujours le choix d'aimer ou de rester indifférent, ne pas être atteint par le mal et être illuminé par le bien. Il y a du bon en ce monde, et il nous appartient de le faire vivre ou mourir. 4. L'éclairage du coeur ----------------------- "Ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas s'indigner, mais comprendre" [Spinoza] Lorsqu'une situation vous touche, vous attriste, sachez la sublimer. C'est une vision du coeur qui vous fais voir une situation noir plus que blanc. Lorsque vous avez raté un gateau, vous ferez mieux la prochaine fois. Et ce gateau va quand même ravir le palais de ceux qui le mangeront. Lorsqu'un autre fait un geste qui vous blesse, n'encaissez pas par défaut, dites-le lui. S'il l'a fait exprès, faites-lui la même chose. N'ayez pas peur d'user -une fois seulement - de la même violence que lui; si vous l'aimez, c'est ce que vous pouvez faire de mieux pour qu'il comprenne sa propre attitude. Lorsque vous avez l'impression qu'un autre vous déteste, demandez-le lui. Il vaudra mieux une haine claire ou l'autre s'est plongé dans une attitude d'enfermement qu'un flou de souffrance pour vous, qui lui profitera. Ne jouez pas le jeu des gens mauvais. Révélez-les à eux même si vous voulez et pouvez les aider. Révélez-les aux autres pour les isoler s'ils persistent dans l'illusion du pouvoir. Non seulement vous apprendrez à vous défendre, mais en plus votre défense sera un moyen d'aider vos adversaires. Après un peu de pratique, non seulement vous serez inattaquable, mais l'éclairage de votre coeur changera. Vous avez le droit d'être ici-bas. Autant que le plus beau, le plus célèbre et le plus riche que vous. Revendiquez ce droit, soyez vous même. Ne laissez personne vous enfermer dans la peur ou la honte. On a tous un coté joyeux, une flamme qui vient de l'enfance. C'est cette flamme qu'il faut faire vivre. N'ayez plus peur des jugements des jalous. Jouissez de la vie, la tristesse et la rancoeur disparaitront. Alors votre coeur comprendra. Chaque seconde de vie est un cadeau. Si vous n'en êtes pas persuadé, suicidez-vous. Vous n'y arriverez pas, tout votre être criera pour un instant de lumière de plus. La vie est belle, la vie est folle. Si vous avez envie de vous rouler dans l'herbe haute un matin de printemps, faites-le. Parce que demain vous serez peut-être mourant sur un lit d'hopital, parce que les 'convenances' ne sont pas toutes fondées. Ecoutez votre coeur. Faites-le pour vos enfants. Eux sont plus libres, ils sentent quand quelqu'un se retient. Voudront-ils grandir dans un monde ou l'humain adulte est un esclave contrit dans sa chambre de sérieux et ou la magie, le bonheur n'ont plus leur place ? Veut-on grandir si grandir c'est se faire enfermer dans un univers pale et moins riche ? Vous riez aux éclats en buvant l'apéritif avec vos proches, alors osez vous rouler dans l'herbe. Trop d'humain se font tuer dans les guerres. Trop de souffrance, trop de honte. Vous avez la chance, et le droit d'être ici. Si on ne peut plus se rouler dans l'herbe autant mourir sur l'heure. Roulez-vous dans l'herbe, riez, courez vers cette colline que vous avez toujours voulu explorer, emmenez votre partenaire jouir de la nature. On a le droit de vivre. Avec cette façon de voir, fini la pression sociale ambiente. Les braves gens, qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux, vous regarderont de haut en riant. Qu'ils meurent sur leur lit sans s'être roulé dans l'herbe. S'ils ne sont pas capable de passer par dessus leurs propres blocages, ils mourront orgueuilleux de s'être bien gardé de se rouler dans l'herbe, pétrit d'idées recues, sans avoir jamais vécu, malheureux. Laissons leur les convenances et prenons du plaisir avant de mourir. La vie est un immense instant de lumière. Après plus rien. Alors votre coeur comprendra, sublimera. Pas besoin de plus de sérieux que nécessaire. Soyez fier d'être vivant. N'ayez plus peur d'être faibles, personne n'est omnipotent. On n'est pas coupable d'être faible, tant qu'on possède la vie. Le bonheur est d'avoir le droit de recommencer, de réussir plus loin. Parce qu'il y a un demain, parce qu'il y a un mieux, parce qu'on a toujours plus d'envies qu'on ne pourra en réaliser avant la fin. Il ne sert a rien de s'attarder à des futilités peureuses. La vie est riche. Roulez-vous dans l'herbe. 5. La bande passante -------------------- Si vous comprenez les enseignement précédents, que vous les ayez suivi ou que vous ayez tracé votre propre voie personnelle, le bonheur fait partie de votre vie. La mort ne vous fait plus peur; seule la douleur qui pourrait la précéder peut encore vous faire peur. La honte ne fait plus partie de vos sentiments, vous l'avez remplacé par l'envie de mieux faire. Vous pouvez vous arréter là. Votre vie sera belle. La suite du chemin du retour a sion est plus altruiste. Elle vise à emporter les autres avec soi sur le chemin du bonheur. On n'en a pas forcément l'envie, ni la force. "La gravité est le plaisir des imbeciles" [Montesquieu] La notion de bande passante soutend celle de mobilité. Imaginez que vous tenez une règle graduée dans votre main, droit devant vous. Le point le plus bas de cette règle est votre état de plus grande tristesse, le point le plus haut votre euphorie la plus hystérique. Tout homme a sa propre règle graduée, sa bande passante et il passe sa vie entre ces extrèmes. Pourtant, en continuant de tenir cette règle, si vous regardez le sol, vous verrez des points plus bas que le bas de la règle. Certains y ont malheureusement eu accès. Parce qu'ils sont les survivants d'un génocide, parce qu'ils ne mangeront jamais à leur faim ... Regardez maintenant le plafond. Il existe toujours plus haut. Une baccanale orgiaque interminable dans les bras de partenaires beaux et assoifés de plaisir, sur une ile paradisiaque ... Maintenant vous devriez intégrer la notion de bande passante. Bien sur le plafond et le sol n'existent pas : on peut toujours tomber plus bas et votre imagination aura tôt fait de repousser toujours plus loin les limites du plafond. La seule chose connue, réele, c'est cette bande d'expériences vécues, de la plus dure à la plus belle. De plus, on explore rarement la règle dans sa totalité; L'expérience passée en remplit certains points, mais même entre les extrèmes, il reste des ilots inexplorés et des états inconnus. Parfois il est doux de regarder à nouveau la règle. Parce qu'on se rends compte qu'on ne vie jamais qu'au milieu, parce qu'on n'est pas au plus bas, et parce qu'il serait simplement épuisant de vivre tout le temps en haut. Alors on soupire et on sort respirer le parfum des fleurs. 6. La mobilité de l'Homme ------------------------- "Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous" [Pennac] Maintenant que votre coeur vous éclaire, vous revenez sur vos traces passées avec un certain attendrissement. Tant de faux débats, tant de chaines crées de ses propres mains. Alors qu'il y a tant encore à faire ici-bas. Pourtant vous êtes encore seul sur ce chemin. Autour de vous vos amis vous envient mais ne veulent pas oter leurs chaines. Ils sont submergés par les futilités. Pas assez focalisés sur leurs envies réelles, sur leur envie de vivre le bonheur avant la fin. Pour les aider, c'est encore en votre Koa - en réalité, l'union du coeur pour sentir et de la force intérieure pour agir - qui est la clé. Vous les connaissez bien. Parfois mieux qu'eux-mêmes. Alors vous allez pouvoir vous mettre à leur place. Les traquer de plus près. Ne vous transformez pas totalement en eux, vous y perdriez l'éclairage du coeur et seriez alors incapable de les aider. Cette capacité de se mettre "à la place de" est la mobilité de l'homme. Il existe plusieurs cas de non-bonheur. Ils sont gravés sur la bande passante de votre ami. Ceux qui ont un bas trop bas, ceux qui ont un haut trop haut et la nostalgie de cette époque. Enfin, les humains de ce siècle sont trop souvent dans la dernière configuration : une bande passante pas assez large. C'est l'impression de ne rien avoir vécu, et de ne plus rien avoir à vivre. Blasés avant d'avoir vu, ils vivent par procuration des médias en évitant soigneusement d'atteindre plus bas que le bas de la règle, mais en perdant alors toute leur énergie dans ce combat, ce qui ne leur laisse plus les moyens de faire monter le point haut de la règle. Pour aider un ami, lisez sa bande passante. Le moyen le plus simple consiste souvent à le défocaliser du milieu de la règle ou il a l'impression d'être englué et ou il se meurt. Le moyen le plus beau, mais pas le plus sûr est d'augmenter le point haut de sa règle. Le moyen le plus sûr pour lui, mais qui peut nuire à votre amitié est d'augmenter carrément la longueur de la règle. Parce que malheureusement l'abaissement du point bas constitue "l'apprentissage de la frustration" et permets de se sentir bien au milieu de la règle. L'augmentation du point haut est un sens naturel et nécessaire à tous. Parfois un ami est dans une situation trop difficile pour recevoir l'aide. C'est le cas extrème. Souvent il n'aura plus l'énergie de lutter, plus la rage de vivre. Il a laissé taire la voix de son coeur et son énergie est en chute libre. Réfléchissez à deux fois avant d'agir, d'abord parce que les apparences sont trompeuses, et aussi parce que vous y laisserez des plumes. Si vous l'aimez réellement - amitié ou amour -, allez-y. La seule façon de le comprendre sera alors de lire sa bande passante et, pour un temps, de se caler dessus. Cela corresponds à le "rejoindre" dans son malheur. Il est facile de concevoir l'empathie psychique qu'on peut ressentir pour un ami, le terme exacte est compassion. Le plus dur est que l'esprit n'étant pas indépendant du corps, votre compassion devra s'étendre au physique, de la même façon qu'un frère jumeau ressent physiquement la douleur de son alter ego, sans que son corps aie reçu la blessure. En cela vous jouez de votre mobilité dans son intégralité. En cela également vous vous mettrez en danger parce qu'il l'est. N'oubliez jamais votre amitié pour celui que vous tentez de ramener à la joie. N'oubliez pas non plus le bonheur léger, la plénitude dont vous arrivez, parce qu'il vous faudra suivre ce fil au retour. Quand vous aurez atteint son état, quand chaque parcelle de votre corps et de votre esprit comprendra son état, prenez votre souffle, et tournez vous. Retracez le cours du passé, qui vous a permis d'arriver jusqu'à lui, ouvrez-lui la voie vers la porte de sortie. Réenroulez le fil d'Ariane et surtout, surtout, ne vous retournez pas dans votre remontée à la lumière. Parce qu'une fois recalé sur votre règle, vous aurez vu la voie qui le ramènera au bonheur, dans son sens à lui plutôt que depuis votre fenêtre de bonheur mais que si vous vous arrétez ou vous perdez sur le chemin du retour, vous ne sauverez personne, pas plus lui que vous, et votre geste sera vain. La mobilité est la plus belle arme de compassion et d'amour pour unir les êtres. C'est aussi la plus dangereuse. Les plus belles roses ont les plus belles épines. 7. Le retour sur soi -------------------- "L'Homme n'est jamais moins seul que lorsqu'il est seul" [Gide] Le temps a passé. Des journées plus légères ont coulé sous les ponts. Moins de soucis persiste dans vos vies. Elles sont plus pleines, plus vivantes, moins vaines. Vous vous dites qu'au moins vous aurez sauvé et perpétué une part de bonheur avant le soir. Plein de la chaleur des autres, vous savourez le couchant en charmante compagnie. Pourtant cette paix n'a pas effacé le sentiment de lassitude, la tristesse au coin des yeux parfois quand le feu dans la cheminée illumine les souvenirs. Parfois, dans le silence du coeur vous levez encore les yeux au ciel pour lancer cet appel sourd mais tellement fort et triste qui trahit la solitude de l'esprit. Parce qu'on est seul face à l'adversité, parce que les autres ne vous comprennent pas, parce que parfois on ne se comprend pas, parce que certaines peines restent inpartageables et que vous aimeriez vous fondre en l'être aimé pour ne plus jamais le quitter. C'est le retour sur soi. A la fois peine et moteur de sauvegarde. C'est le plus dur à comprendre. Dans la vie, on est toujours seul. Ce n'est pas comme de manquer de compagnie. Les hommes politiques de notre siècle par exemple sont en permanence seuls et pourtant entourés de dizaines de gens. Vous apprendrez à aimer cette solitude. On n'est pas seul en tant que corps. On n'est pas seul en tant que coeur. On est toujours seul dans son esprit et c'est bien comme cela. Vouloir le fuir, c'est fuir sa liberté, son indépendance. Si nous n'avions pas de jardin secret, un jour nous serions tous pareils. 8. Le paradoxe de l'altérité ---------------------------- "Prends soin de toi, personne d'autre ne le peut" Alors parfois on veut fuir cette solitude. L'union dans l'acte amoureux est ce qui ressemble le plus à cette fuite. On veut être proche de l'autre, parce qu'on se sent faible, aussi fragile qu'une feuille seule perdue dans le vent. Mais il n'y a rien à faire. Les autres sont les autres. On peut s'en approcher, mais pas les pénétrer. On peut jouir du monde à l'unisson, par la chanson, par le coeur, par la chair. Mais on ne sera jamais l'autre, et il ne sera jamais nous. Et c'est bien comme cela. De la solitude nait l'altérité. N'en prenez pas peur. Un jour votre ami aura envie de grimper l'himalaya, de se teindre en blond, de faire de la dans classique ou de vivre ailleurs. Un jour vous ne reconnaitrez plus en lui la normalité à laquelle il vous avait habitué. Pourtant il sera toujours lui, avec des rêves plus fous. Si vous l'aimez vraiment vous l'accepterez tel qu'il est. Parce que son bonheur vous sera un plus grand bonheur que la peur de la solitude. Parce que les jours qui passeront effaceront peut-être son souvenir, mais pas les expériences que vous aurez vécu ensemble. Parce qu'au fond, on est toujours seul et que cela ne doit pas nous empécher ni de vivre ensemble, ni d'accéder chacun au bonheur. Alors ne confiez pas à un autre la tache de prendre soin de vous. Vous seul connaissez vos rèves les plus fous. Vous seul savez ce qui vous fait mal et ce qui vous fait rire. Vous seul pouvez vous garder sur le chemin de la vie. Les autres nous aident à l'extérieur, mais on est le seul à l'intérieur. Aimez-vous. 9. Un seul coeur ---------------- "Vivre, c'est découvrir à chaque seconde les semences du bonheur" [Evangelion] Quand vous serez remis de tant d'émotions, vous saurez que chacun est seul. Vous comprendrez ce qui engendrent tristesse et enfermement. Pourtant persistera au fond de vous ce sentiment que vous pouvez les sentir. Parce que vous connaissez leurs manies, parce que vous avez partagé bonheur et tristesse, parce que s'ils mourraient demain, ils continueraient de vous accompagner dans le souvenir, parce qu'ils font partie de votre passé, par ce qu'ils font partie de vous. C'est ce sentiment qui guide la vie des êtres humains. La proximité du coeur, la chaleur humaine est tout ce qui sous-tends le bien-être dans votre activité. Supposez que vous ayez plus d'argent que vous ne pourrez jamais en dépenser, mais avec l'interdiction d'approcher un autre être humain : les repas fins seront livrés par une camionnette télécommandée et personne avec qui les partager. Vous nagerez seul dans la piscine olympique de votre villa qui surplombera la côte d'azur. Vous aurez un superbe cabriolet pour rouler dans une ville personnelle vide. Et vous n'y survivrez pas. Au bout d'un moment vous crierez pour faire une belote, pour regarder un film avec des potes, pour avoir le droit de partager, parce que la vie n'aurait plus de saveur. C'est l'union des coeurs qui apporte le bonheur. La joie simple de faire une bouffe ensemble, les cris de votre amie sur le télésiège qui va trop vite, la douceur de la bière partagée autour du feu de camp sur la plage, l'excitation d'une sortie en commun au cinéma et la douceur de votre moitié blottie au creux de vos bras dans des draps frais un soir d'été. Alors vous nommerez cela comme bon vous semblera, et cela prendra le temps qu'il faudra, mais vous n'aurez plus d'autre choix ni d'autre envie que de perpétuer cette union. Parce que les malheurs parsèment la surface du monde, parce que l'homme est capable de tuer par orgueil ou par cupidité. Parce que le malheur n'est pas une voie à suivre. Un jour nous serons tous un seul coeur. Un seul élan tourné vers le bonheur. Et cela ne nous empèchera pas de réver différemment ni ne brisera notre éternelle solitude. Cela ne vous empèchera pas d'avoir mal ni d'être triste, la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Mais ce jour-là, il y aura quelqu'un pour vous écouter. Parce que nous aurons compris que nous ne vivons que grace aux liens que nous tissons et que c'est leur propre bonheur qu'ils construisent en contribuant au votre. Parce que le malheur ne sera plus une notion centrée sur l'individu mais sur le monde. Parce que l'humain en aura marre de s'agiter en vain et qu'il aspirera au bonheur. Ce sera le jour de la complémentarité. Un seul coeur. "La vérite sans amour est insupportable, l'amour sans vérite est une mascarade" [Prévert]